mercredi 23 février 2011

[Dragon Age] Intersession 6/7 (5)

Je laissais mes compagnons s'afférer à ranger notre camp en vue de notre retour à Ruswold. Je profitais de cet instant de solitude et de tranquillité pour rédiger mon courrier. De mes quatre années passées à la Tour du Cercle, période de ma jeunesse que je m’efforçais de classer dans la plus profonde oubliette de ma mémoire, je ne pouvais nier avoir acquis une certaine aisance dans le maniement de la plume. Mais un premier obstacle entravait ma volonté ; notre campement ne comptait ni table ni chaise, instruments indispensables pour l’écrivain. Pour combler cette faille logistique, je m’assis à même le sol, le dos dressé le long d’un large tronc, les genoux pliés, les cuisses jointes formant un simulacre de table. Je posais délicatement l’encrier à mes cotés et calais la tablette supportant la feuille vierge le long du bureau de chair. La plume à dextre, il ne me restait plus qu’à jouer des pleins et déliés. Aucune phrase, aucun mot prit vie sur la feuille de papier immaculée. Car voyez-vous, écrire des essais philosophiques ou des allégories sur les bienfaits du Créateur ne vous prépare en rien au délicat exercice de la rédaction d’une missive convaincante et pertinente demandant à un chevalier unijambiste, déshonoré et ruiné de porter secours à une bande de quatre inconnus en soif d’aventure plongée dans une situation où survivre devient l’enjeu. Ce manque de culture me coûta la moitié de ma réserve d’encre, douze feuilles transformées en boulettes qui meublaient la périphérie de mon dossier en bois naturel, et une plume à retailler. De tout ce gâchis, j’en tirais ceci.


Sir Valdur Krole,

En premier lieu, je vous présente mes excuses pour ma conduite qui s’écarte des règles de bienséances et passe outre le protocole auquel je devrais me plier devant un homme de votre rang. Malheureusement, les circonstances m’obligent à utiliser la plume alors qu’un entretien s’impose. Je reste convaincu que, en lisant la suite de cette discourtoise missive, vous saurez me pardonner. Car, en plus de vous apprendre que vous êtes victime d’une démoniaque machination, je puis vous prouver que de mauvais sujets s’en prennent à votre vie de manière insidieuse et lâche. Quoi de plus couard que de détruire vos convois de ravitaillement, et vous condamner vers une inexorable et lente famine. Vos ennemis se cachent derrière un assassinat maquillé, évitant ainsi un noble affrontement qui leur serait bien plus dangereux.

Quelle preuve m’autorise à porter ses accusations ? N’attendiez-vous pas un convoi de ravitaillement ? Celui-ci n’aurait-il pas quelque retard ? Sachez qu’il n’arrivera jamais à destination. Il a été sauvagement brulé sur la voix qui relie votre manoir à Logerswold le jour même où avec mes compagnons nous quittions votre noble demeure. Nous sommes parvenus devant le chariot en combustion, et n’avons pu sauver ni les biens devenus des amas de cendres rougissantes, ni les convoyeurs atrocement exécutés. Mais l’ignominie était récente. A notre arrivée inopinée, les malfaisants s’apprêtaient à quitter le lieu pour rendre compte. De compte, ils ne purent rendre. Maigre vengeance, je vous l’accorde, le commanditaire court toujours, je l’avoue. Aussi, j’ai davantage à vous proposer pour assouvir votre peine. Je détiens la possibilité de retrouver le titre de ban qui vous a été honteusement dérobé. Mais l’affaire n'est pas sans risque. La bête est blessée, assoiffée de haine funeste, et d’autant plus redoutable. Venez au plus vite nous rejoindre à Logerswold. Rejoignez-nous en chevalier armé prêt à livrer dur combat, accompagné de la meilleure escorte qu’il vous sera possible de rassembler ; la bête n’agit pas seule, grande sera la bataille.

Comme pour tout aventurier, sans doute supposez-vous que je possède quelque intérêt à votre venue.  En réalité, il n’est autre que le vôtre : arrêter le fléau qui sous de lâche traîtrise se nourrit du sang de la vallée de Ruswold en semant la discorde et le meurtre, l’arrêter avant qu’il ne puisse s’étendre à tout Férelden réduisant notre beau pays prospère à un désert sans vie. Aussi, notre récompense, nous serons la partager en proportion de la satisfaction du devoir accompli.

Je sais compter sur votre gratitude.

Votre dévoué Rylan de Malgranne, Apprenti Voyageur, Initié du Cercle.

Il me restait en arrivant au village de Logerswold, à retrouver Ridyck le garant des écuries, et à le convaincre de livrer sans attendre ma missive à son ancien maître. Mais je n’étais pas certain que les circonstances me le permettent, ni que l’écuyer parviendrait à temps au manoir de Krole. Je priais le Créateur qu’il me soutienne dans ce combat.

Autobiographie de Rylan : la lettre à l'attention de Valdur Krole
Texte de Marcapuce

dimanche 20 février 2011

[Dragon Age] Village de Logerswold

Au croisement de la route principale et de la route allant du nord au sud de la vallée de Ruswold, le village de Logerswold existe presque entièrement pour soutenir l'industrie forestière qui fait sortir le bois de la forêt Bréciliane et le transporte vers l'ouest dans les terres pauvres en bois du Bannorn.

Seules quelques dizaines de familles (environ 200 âmes) vivent à Logerswold. D'autres familles vivent dans la région environnante comme agriculteurs ou artisans. Bien que hardis, les Féreldiens ne forment pas un peuple particulièrement martial, et les attaques des hors-la-loi ont dévasté leur moral et leur nombre.

Il existe quelques bâtiments notables à Logerswold. La taverne du Signe de l'Arbre Étendu qui sert aussi de alehouse est tenue par Liwis qui vit seul avec Daelia sa fille adolescente depuis que sa femme a été violée et tué par les bandits. A côté de la taverne, on trouve les écuries tenues par Ridyk, un ancien soldat de Krole. Pour la Chantrie locale, Soeur Pliacinth répond aux besoins spirituels de la communauté.

Le plus haut bâtiment de Logerswold est une maison de trois étages qui  sert de centre au commerce local de l'exploitation forestière. Dans la cour outre le matériel de coupe et de transport, on trouve des tentes qui abritent une douzaine de familles de réfugiés. Cette maison appartient à Trewin qui a obtenu sa position à la sueur de son front, à son travail, à ses muscles vigoureux et aux innombrables années dans la forêt  à scier, transporter et vendre le bois. Trewin est un homme d'affaires avisé et un travailleur infatigable. Waldric Main-sanglante a détruit l'industrie locale, mais Trewin a demandé à ses bucherons de ne pas retourner dans la forêt à cause du danger.

[Dragon Age] Forêt de Bréciliane



Une grande partie de l'est au sud-est de Férelden est un désert sauvage, dominé par la Forêt de Bréciliane. Cette forêt est  considérée comme un lieu maudit, une demeure de voleurs, assassins, et les loups-garous. On dit que les arbres eux-mêmes circulent par eux-mêmes et tuent les imprudents. On dit que l'on se sent toujours observer dans la forêt. Certains prétendent qu'à certains endroits de la forêt,  le Voile est si mince que la frontière entre notre monde et l'Immatériel est difficile à distinguer.

Seuls les gens étranges que sont les elfes Dalates osent entrer dans Bréciliane régulièrement, ce qui conduit beaucoup à croire qu'ils peuvent avoir participer à rendre cet endroit maudit. Les Féreldiens qui sont prêts à braver la forêt vivent généralement dans la ville de Gwaren, une ville portuaire sur l'océan Amaranthine.
 

[Dragon Age] Vallée de Ruswold


La vallée de Ruswold connue aussi sous le nom de "La Ruswold" comporte de bonnes terres agricoles à l'ouest et une sombre forêt à l'est, la forêt de Bréciliane.

La Ruswold est traversée par une route principale bien entretenue et sous la protection de patrouille. La route permet d'acheminer le bois de la forêt vers les Bannorn à l'ouest. La vallée est aussi traversée par un grand nombre de pistes et de sentiers utilisés par les autorités locales, voyageurs à pied, mulet, cheval et charrette.

La seule voie d'eau importante de la région va du nord-est au sud-ouest, pour ensuite se jeter dans une plaine marécageuse. Logerswold est le seul centre de population important dans la Ruswold. Il est le fer de lance en chef pour le bois qui sort de la forêt avant de repartir vers l'est. C'est également à Lorgerwold que se tient le marché hebdomadaire auquel participent les fermiers de la région. Valdur Krole, l'ancien Bann possède un manoir fortifié au sud de Logerswold.

Le camp de Trumhall
Le campement du nouveau Bann, Trumhall se trouve au nord du village. Il vient seulement de commencer la construction de ce qu'il espère être une demeure à long terme dans la région. Son choix du site est bon, une petite colline qui surplombe de vastes champs de tous les côtés, et à proximité d'eau douce. D'un côté de la colline, un sol rocailleux fournit à la fois la pierre des bâtiments et une approche défendable.

Bien que Trumhall ait de grands projets, il n'y a pas de mur d'enceinte encore construit. La plupart des «bâtiments» du campement sont, pour l'instant, des tentes.  La seule construction terminée est une maison en bois  qui abrite le petite suite que le Bann peut aujourd'hui se permettre d'employer. Le fait que Trumhall ait donné la priorité au logement de ses hommes est un facteur important dans le moral élevé parmi ses disciples.

Bann Trumhall lui-même vit dans une tente de campagne divisée en deux zones différentes, une chambre à coucher et une salle d'audience et contient beaucoup de meubles en bois solide.

On trouve aussi un enclos en bois pour les animaux domestiques du campement, y compris quelques vaches, quelques chèvres, et une pléthore de poulets. Les adeptes du Bann chargé de l'entretien vivent dans une série de tentes près de cette zone. Il ya beaucoup d'activités au campement, une équipe de travailleurs creusent des trous pour les débuts d'une palissade, les serviteurs prennent soin des animaux, etc. En soirée, un certain nombre d'hommes montent la garde dans le périmètre du campement.


 Camp du Bann Trumhall

[Dragon Age] Ville de Porte du Sud (South Reach)

La ville fortifiée de Porte du Sud a une importance stratégique ce qui explique qu'elle est sous la domination du Arl Bryland. La ville est construite autour d'un fort et sert de plateforme de commerce entre Golefalois et Dénérim la capitale du royaume.

La ville peuplée d'environ 2000 habitants est séparée par 4 quartiers principaux : Noble, Or, Commun et Sale. La Chantrie est dirigée par le Révérende Mère Balitia.

[Dragon Age] Village de Lothering


Lothering est un village au nord de Ostagar, situé sur la route de l'Ouest. La route pavée construite par l'Empire Tevintide agit comme un mur de protection d'un côté du village et haut mur en bois, avec des tours de guet et une porte solide, protège le reste.
 Historiquement, Lothering était un poste de commerce au service de la forteresse de Ostagar au sud.

A l'époque actuelle, un flux régulier de voyageurs entre et sort de Lothering amenant des biens et produits de tous les coins de Férelden. Il fournit des marchandises à Golefalois (Redcliffe Village) et à la communauté des marchands et des nains de surface d'Orzammar. Lothering a une présence modeste de la Chantrie et de leurs Templiers.

Des groupes de mercenaires comme les Irréguliers de Blackstone utilise Lothering comme leur base arrière.


vendredi 18 février 2011

[Dragon Age] Set 2

Le Set 2 est désormais en présent sur le site de vente en ligne de Green Ronin mais il n'est pas encore possible de l'acheter. Il permet de gérer les personnages du niveau 6 à 10. On trouve aussi de nouvelles possibilités comme les spécialisations (assassin, berserker; templier, etc), de nouveaux sorts et des actions spéciales (stunts) de type jeu de rôle ou exploration.
 
La deuxième boite de Dragon Age RPG contiendra 2 livres de 80 pages (un pour les joueurs, un pour le meneur de jeu), des cartes de références et une carte du monde de Thédas. Les règles seront aussi disponibles en PDF.

mercredi 16 février 2011

[Dragon Age] Calendrier annuel

Le calendrier annuel est utilisé depuis les premiers jours de l'Empire Tévintide. Il y a 12 mois de 30 jours chacun entrecoupé par 5 jours fériés annuels (annums) qui marquent la transition entre chaque saison ainsi que le premier jour de l'année. Chaque mois possède un haut nom en Ancien Tevene mais en Férelden tout le monde utilise le nom commun.

Annum : Premier Jour
Premier mois: Wintermarch "Marche de l'hiver" (Verimensis)

Annum: Wintersend "Suite à l'hiver"
Deuxième mois : Guardian "Gardien" (Pluitanis)
Troisième mois: Drakonis (Nubulis)
Quatrième mois: Cloudreach "A portée des nuages" (Eluviesta)

Annum: Summerday "Jour d'été"

Cinquième mois: Bloomingtide "Marée fleurie" (Molioris)
Sixième mois: Justinian (Ferventis)
Septième mois: Solace "Consolation" (Solis)

Annum: Funalis
Huitième mois: Août (Matrinalis)
Neuvième mois: Kingsway "La Voie des Rois" (Parvulis)
Dixième mois: Harvestmere / "Simples Moissons" (Frumentum)

Annum: Satinalia
Onzième mois: Firstfall / "Premières chutes" (Umbralis)
Douzième mois: Haring (Cassus)

samedi 12 février 2011

[Dragon Age] DA1936

Sur le blog Battleaxes & Beasties on peut découvrir un cadre de jeu original pour Dragon Age : DA1936.Il s'agit d'un univers pulp alternatif situé en 1936 dans lequel notre monde a subit un désastre suite à la désintégration de la lune à cause d'une invocation ratée des Anciens Dieux par la Société de Thulé. La magie a fait sa réapparition et de sombres créatures foulent notre sol. Le continent de Tharos a surgit des fonds de l'océan Atlantique et d'aucuns pensent qu'il s'agit d'un fragment de l'Atlantide.

Les personnages appartiennent à la Société des Explorateurs à la recherche de la gloire, de la fortune et avides de mystères. L'auteur propose de nouveaux antécédents (vagabond, professeur, détective, cambrioleur, marin, homme d'église, occultiste, etc.). On trouve aussi des règles sur les armes à feu.

Une initiative intéressante qui démontre encore et encore la puissance du moteur de jeu A.G.E.

vendredi 4 février 2011

[Dragon Age] Intersession 6/7 (4)

...

Ils devisaient, je priais.

Je m’entretenais avec mon dieu lorsqu’un soudain silence s’empara du monde terrestre. Je quittais la puissante divinité pour retrouver mes mortels compagnons devenus muets. Arcill et Roshek me scrutaient d’un regard interrogateur. Ils attendaient que je m’exprime, que je leur présente mon habituelle synthèse de nos décisions conclusives qui marquaient la fin de nos échanges. Ne croyez pas qu’ils admiraient mon brillant esprit de synthèse. Ils cherchaient insidieusement à s’assurer que ma pensée ne prenait pas des détours non conformes comme cela semblait s’être produit à la suite du massacre de mon village natal. Falos, lui, il préférait se mobiliser entièrement à la surveillance de nos trois prisonniers, qui lui offrait la vénérable et vengeresse jouissance non dissimulée du sentiment de dominer des humains.

Pour échapper à une mise en camisole en règle et sans ménagement, je devais satisfaire l’attente de mes deux surveillants. Mais comment effectuer une synthèse d’une conversation que j’avais entendue certes, mais malheureusement pas écoutée ? Il me restait l’imagination et sa cousine improvisation pour m’aider à sortir de cette impasse, et l’espoir que mon généreux subconscient avait enregistré quelques brides qu’il me restituerait par son immanquable esprit de solidarité.

Je commençais par le plus simple : exposer notre délicate situation ; quelques inestimables secondes de gagner pour concevoir la suite.

- Notre employeur, tout ban élu fut-il, nous a royalement roulé dans la farine. Néanmoins, il a sous-estimé notre valeur, de telle sorte qu’en réalité, nous, si vous me pardonnez l’expression, le tenons par les couilles.

Je complétais mon image sexuée par un mouvement évocateur en brandissant le journal ensanglanté tout en le serrant fortement des deux mains.

- La douleur qu’il ressent le met dans une colère folle et meurtrière, aussi, il fera tout ce qui lui est possible pour trancher les poignets qui le tiennent ainsi prisonnier.

Je fis une pause avant de poursuivre afin de mesurer l’effet de cette introduction. Roshek conservait son assurance habituelle sous une pose professorale, qui nous signifiait son contrôle parfait de la situation. Arcill caressait nonchalamment la lame de son inséparable hache, dont le reflet rougeâtre du feu de camp rappelait le sang dont elle adorait s’abreuver. Le guerrier ruminait sa vengeance, il voulait en découdre.

J’entamais la suite.

- Il a séduit la naïve population locale qui est donc avec lui. Notre première urgence sera donc de convertir tout ce monde. Nous nous rendons sans tarder à Ruswold pour nous lancer dans une opération vérité. Nous avons pour cela plusieurs cordes à notre arc. Les prisonniers, le journal, les objets récupérés du camp, le cheval que nous avons rendu a son propriétaire, notre visite au temple de la Chantrie pour la sauvegarde des âmes des pauvres convoyeurs. Roshek saura sans mal retourner tous ces gens en protégeant au mieux nos intérêts, il sera s’expliquer avec Trewin le riche et influant négociant qui possède l’immense maison de pierre aménagée en terre d’accueil pour les malheureuses victimes des brigands à la solde du traître. Ce dernier aura sans doute placé quelques hommes à sa solde pour tenter de contrecarrer nos plans. Arcill et Falos habitués à identifier les comportements suspects se chargeront de les réduire au silence.

Nouvelle pause d’observation. Roshek s’amusait. Sans doute que je venais d’exposer son plan. Je savais que je pouvais compter sur mon subconscient, ma grande imagination et mon sens aigu de l’improvisation. Arcill saisit le manche de son impressionnante et inséparable arme. Il imaginait déjà la manière dont il allait couper la parole aux sbires du noble félon. Falos continuait de dominer trois humains enchaînés.

- Nous pourrions aussi chercher du renfort et nous appuyer sur des autorités pour asseoir notre sécurité et valoriser notre réputation. Nous rendre à la garnison de Logerswold répondrait à cette option. Mais la route est longue et certainement verrouillée par les proches du fourbe. Je vous suggère de contacter le chevalier Valadur Krole. Il sera sans doute très satisfait des nouvelles que nous lui apporterons. Elles lui feront miroiter une possibilité de retrouver son siège, et surtout de laver son humiliation. Au regard de son sens de l’honneur très exacerbé, nous serons à l’abri de toute traîtrise, et il se fera un honneur de nous récompenser, pas avec de l’argent qu’il n’a plus, mais en faisant connaître la nature de nos exploits. Certes, vus l’état de délabrement de ses finances et de son infirmité, s’il n’est pas déjà mort assassiné, il nous sera sûrement d’un bien maigre secours. Néanmoins, je vous suggère de tenter le coup. Non, il ne nous sera pas nécessaire de nous rendre à sa triste demeure. Je solliciterai Rydick, le palefrenier resté fidèle à son ancien ban, pour transmettre une lettre que je me propose de rédiger.

Roshek ne portait aucun intérêt à cette option. Il n’avait nul besoin de personne ni pour conclure cette affaire en sa faveur, et ni pour sa réputation dont il se chargeait très bien tout seul. Arcill y semblait plus sensible. La perspective d’accroître sa réputation bien basse à Felderen ne le laissait pas indifférent.

- Une fois les villageois de notre côté, nous passons à la deuxième phase des opérations : expédition punitive. Nous nous rendons au camp du perfide, avec prudence et discrétion. Nous réduisons son escorte à sa plus simple expression, et obtenons quelques explications du déloyal employeur pour en tirer le meilleur profit.

Pour ma part, cette seconde phase du plan me séduisait : elle me permettrait d’avoir un échange définitif avec l’apostat mabari démoniaque qui menait la barque. Je me gardais bien de préciser ce point.
- En cas de grabuge, nous virons vers le plan de secours qui consiste par d’habiles négociations dignes d’un des meilleurs commerçants nains, à conserver notre emploi.

Je ne précisais pas non plus qu’il m’était totalement impossible de traiter avec un apostat.

Puis, je posais la question finale dont la réponse portait une incidence directe sur notre proche avenir.

- Bien, si vous le voulez bien, je suggère que nous nous rendions dès l'instant à Ruswold pour remplir la première phase de notre plan. Qu'en pensez-vous ?


Texte de Marcapuce

mercredi 2 février 2011

[AGE System] Firefly

Vous connaissez certainement la série de science-fiction Firefly qui a connu une quinzaine d'épisodes et dont l'apothéose fut Serenity, un film où la scène de combat spatial était 10 fois plus impressionnante que toutes celles de Star Wars. Cet univers mixant western et space-opera a d'ailleurs connu une incarnation en tant que jeu de rôle chez Margaret Weis Productions (pas sur qu'ils aient encore la licence).

wrathofzombie sur son blog propose une adaptation assez aboutie du système AGE (le moteur de jeu de Dragon Age) à l'univers de Serenity. Il a visiblement fait du très bon boulot. On trouve y trouve une adaptation des  antécédents et des classes, des focus et des talents, de l'équipement et même des règles sur les vaisseaux spatiaux.

Une nouvelle fois, des fans prouvent la versatilité et la puissance de ce système de jeu.


mardi 1 février 2011

[Dragon Age] Intersession 6/7 (3)

En quittant le campement des brigands, Roshek avait bien pris soin de marquer le passage afin de s’y retrouver s’il devait un jour y retourner seul... Il ne s’en cachait pas et posait, ça une pierre voyante, là une encoche dans un arbre.

Pour lui l’affaire était entendue : Les brigands avaient été éliminés, donc le contrat était rempli, donc la bande d’aventurier était en droit de se partager intégralement le butin trouvé (non négligeable). Ils avaient trouvé des espèces sonnantes et trébuchantes, des biens dont la valeur marchande était à définir (pourquoi d’ailleurs ne pas les revendre à leurs propriétaires.. “Tout travail mérite salaire et récompense” disait son paternel...). Bon en même temps heureusement que le nain était là pour s’assurer de ce genre de détail. Les chevaux de bât survivants étaient bien chargés de tout ce qu’il avait inventorié et trié.

Restait évidemment que l’employeur était un escroc doublé d’un criminel... Bon en même temps “business is business” (traduction libre d’un proverbe nain), et dans les “affaires”, les malhonnêtes étaient légions... En y repensant, Roshek eu un soupir ému en pensant au sort de son pauvre père: Une affaire qui avait mal tourné en raison d’un “partenaire” peu scrupuleux... “Il faut toujours se méfier des collaborateurs” disait toujours son père.

Donc si pour Roshek, travailler pour un Bann arriviste ne lui posait pas de problème de conscience, il avait bien compris que ces compagnons ne partageaient pas le même sens du pragmatisme. Et oui, ses compagnons d’aventure étaient soit des romantiques, soit avaient des principes moraux certes éculés, mais vivaces... Il respectait ses amis, et les tenait tous en estime, comme un professeur peut jeter un regard ému et bienveillant sur ses élèves. “Ils apprendront un jour” se disait Roshek.

Par contre le nain était beaucoup plus soucieux à propos d’autre chose : Un bon employeur qui se lance dans une opération douteuse et juteuse se doit de prendre certaines précautions... L’intervention du terrible animal en témoignait d’ailleurs. “Si j’étais à sa place” se disait Roshek “j’engagerai d’autres malandrins, tenus à l’écart des fins de l’histoire, pour éliminer les témoins gênants...”. Or les témoins gênants, c’était lui et ses compagnons ! Impossible que le Bann n’y ait pas pensé... Alors soit ce dernier opterait pour une opération violente directe (le groupe de mercenaires rencontrés auparavant semblait tout à fait convenir à cet usage), soit il tenterait une opération de discrédit en montant la populace contre eux...

Il fallait donc agir vite et le nain avait sa petite idée : se mettre déjà la population dans la poche, jouer les héros (à raison d’ailleurs), ce qui couperait l’herbe sous les pieds d’un agent du Bann qui tenterait de salir leurs exploits. Puis retourner au camp du Bann avec moult précautions, mais en cherchant l’engagement (“autant se débarrasser d’une épine avant qu’elle ne s’infecte”, disait son père), afin d’affaiblir les forces du Bann. Enfin, et comme jamais le sus-dit Bann n’oserait agir à visage découvert, agir avec lui comme si de rien n’était, avec servilité même si besoin était, pour tirer un maximum de bénéfices de cette histoire. Après tout, si le groupe paraissait trop “costaud” pour le noble escroc, il tenterait certainement de les corrompre... Ce qui n’était pas pour déplaire au nain!

Texte de Ra-Deg

[Dragon Age] Intersession 6/7 (2)

Ci-dessous un extrait de « Une vie Magique », autobiographie du Grand Voyageur et Maître de la Tour du Cercle Rylan de Malgranne.

Ce retour fut fort long. Nous manquions d’empressement, sans doute du fait que nous menions un convoi d’une taille inhabituelle avec ses sept chevaux chargés de coffres pour certains, de nos trois prisonniers pour les autres, convoi bien encombrant pour des personnes peu habituées à transporter une telle quantité de bagage. Nous fîmes une dernière halte aux abords de Ruswold. Après que chacun eut fini ses tâches respectives dans un silence religieux, attacher les chevaux, isoler les prisonniers, préparer un feu et autres, entraînés par Arcill et non sans raison, mes compagnons échangèrent sur la stratégie à tenir pour la suite. Je m'écartais de ce débat pourtant essentiel prétextant un besoin de méditation pour me préparer aux dangers à venir.

Ils devisaient, je méditais.

Je m’étais fait une opinion sur l’origine de cette étrange histoire. Thrumhall se révélait être un chevalier en mal de pouvoir et de fortune, prêt à toutes les exactions pour satisfaire ses ambitions. Il fit alliance avec une bande de brigands en leur faisant miroiter plaisir et rapine faciles, qui visaient à créer un climat de terreur autour de la région de Ruswold réputée pour la qualité de ses immenses conifères qui meublaient les forêts environnantes. Il lui suffit alors de se présenter avec sa garde rapprochée, de simuler quelques succès matérialisés par un ralentissement sensible des violences engendrées par les méfaits des hommes de la Main Sanglante. Le bann Valadur Krole brillant guerrier impuissant face à une bande de sauvages mal organisée, fut vite relégué au titre d’incompétent. Le peuple galvanisé par les relatifs succès du chevalier à la venue bénéfice, élu celui-ci qu’il considérait comme sauveur. Devenu ban à la place du ban, les rapines purent reprendre tranquillement. Une fois suffisamment de biens récoltés, il fit éliminer par son fidèle toutou la Main Sanglante patron des brigands, histoire d’éviter de traîner un témoin qui pourrait devenir dangereux et coûteux avec l’avantage complémentaire de réduire le nombre de personne à rémunérer. Certes, vous me direz que les preuves d’accusation sont très grossières, comme si un manipulateur secret nous invitait à condamner l’innocent et vénérable ban Thrumhall. Peut-être mon ami, peut-être. Oui, il peut paraître étrange de sa part d’avoir fait appel à des aventuriers pour en réalité les piéger et les utiliser dans un but contraire aux exigences du Créateur, surtout si l’un d’entre eux n’est autre qu’un Apprenti Voyageur, l’élite de la jeunesse des mages du Cercle. Sans doute notre homme état-il trop sûre de lui, aveuglé par ses réussites et ses ambitions démesurées, soit inconscient voire totalement stupide, ou effectivement lui-même victime d’une savante machination. Mais c’était là son problème. Le mien était d’une toute autre nature.

Ma méditation se focalisait sur trois curiosités. Mes récents rêves, qui se montraient particulièrement prémonitoires. Le Mabari à l’intelligence très, trop affûtée, et à la musculature hors norme. Les bottes de Waldric, des bottes de mage, des bottes de Voyageur, mystérieusement détenues par un vulgaire brigand. La magie se confondait donc avec la conspiration en mouvement de bien sinistre nature, une magie néfaste en opposition avec la volonté du Créateur. Une modeste aventure commune se métamorphosait en une affaire personnelle.

Ils devisaient, je personnalisais.

Face à une affaire emprunte de magie, une tenue professionnelle s’imposait. Je décidais de remettre ma tenue de mage. La volonté ridicule de Roshek de me déguiser en simple nomade se révélait profitable sur un point : ma robe était propre. Je troquais donc mon manteau de voyage crasseux, contre ma robe restée protégée d’éclats boueux, de résidus de végétaux, d’excréments animaliers, de sang de brigands. Je me sentais mieux ainsi vêtu jusqu’à ce que mon regard se porte sur mes chaussures de marche. Catastrophe, un sol maculé des restes d’une orgie en furie aurait fait figure d’une grande propreté par rapport à l’écœurant spectacle qui se dressait à mes yeux. Je frôlais la nausée. Quelle honte ! Il me fallait changer de chaussures. Je tenais la solution : les bottes. J’ôtais en hâte mes croquenots, prêt en enfiler mon trésor. On dit que les bottes de Voyageurs possèdent des propriétés magiques, variables selon le modèle. Mais toutes procuraient confort, protection contre les pires conditions climatiques, adhérence à l’ensemble des natures de sol, résistance à l’usure et aux chocs. Ces particularités tant appréciées venaient tout simplement du cuir et de la matière des fils de coutures et des lacets. Une légende prétend que la matière première n’est autre que la peau et les boyaux de dragon, une autre de ceux de démons. En fait, sinon quelques rares artisans Apaisés, personne n’en connaît le secret. 

Une malicieuse question vient vous brûler le bout de votre langue intimidée, n’est-ce pas ? : Pourquoi, moi, un Apprenti Voyageur, je dois me contenter de vulgaires souliers ? Mais voyez-vous, ces merveilles de cuir nées d’un long et délicat ouvrage  d’art connu des seuls Apaisés tanneurs et bottiers, sont fortes onéreuses. Seul un mage fortuné peut s’en offrir. Si j’ai la chance de posséder le don de magie, malheureusement, il me manque celui de la fortune.

Je m’apprêtais donc à enfiler pour la première fois ma paire de botte du cercle, lorsque je constatais qu’en matière de propreté, elles rivalisaient avec mes pauvres souliers. Et me voilà, armé d’un chiffon et de salive, à lustrer du cuir. Je perçus quelques regards désappointés de mes compagnons.

Ils devisaient, je polissais.

Je cessais, faute d’approvisionnement en salive. Le résultat toutefois fut convenable. Je pouvais enfin les enfiler. Ce que je fis. Une première sensation attisa mon sens de l’observation : les pieds du défunt propriétaire se montraient plus grands que les miens. Je me consolais en remarquant que cette situation était préférable à l’inverse. Je saisissais la paire de longs lacets qui remontaient le côté intérieur de chaque botte, lorsque ceux-ci, devinant mes intentions se mirent eux-mêmes en mouvement, se faufilant tel un serpent au travers les nombreux oeillets cerclés d’un fin anneau de métal précieux. Ils ajustèrent leur traction pour garantir une fermeture étanche, et un maintien des jambes parfaitement assuré. Simultanément, les empeignes et les semelles s’adaptèrent à ma pointure, les contreforts à la forme de mes pieds. Puis le cuir noir se para de reflets bordeaux assortis au ton dominant de ma robe. Jamais je n’avais été chaussé avec autant de confort, ni avec autant de gout.

Ils devisaient, je revenais.

Après cet intermède heureux, je repris ma méditation. Celle-ci emprunta rapidement une voie obsessionnelle qui me conduisait face au molosse de Trumhall dont l’interprétation de mes rêves me le montrait sous un visage humain : un lycanthrope. Je savais. Je savais que je devais me méfier de mes rêves, la principale faiblesse des mages, capable sous un effet hypnotique de m’entraîner vers l’Immatériel. Je me repris et parvins à me focaliser sur les conséquences de nos derniers actes, et de leur dangereuse révélation. Je pris conscience de l'ampleur du danger dans lequel mes compagnons et moi-même nous nous étions impunément enfoncés. Je fus saisi d'un frisson en comprenant que dès cet instant, le moindre faux-pas nous conduirait vers une issue fatale, issue qui laisserait impunément un acte de magie négative sévir à nouveau. Je souhaitais ardemment anéantir seul cette mystification caractéristique de l’imagination destructive d’Apostats, ne pas impliquer mes compagnons dans des évènements qui les dépasseraient. Mais dus-je en souffrir, je pressentais que pour réussir dans cette périlleuse entreprise, il m’était impossible d’agir sans l’aide de solides combattants et de fins diplomates. Aussi, Je me résignais à rejoindre la discussion animée de mes compagnons. J’hésitais un court instant pour leur exposer mes déviances oniriques en lycanthropie démoniaque. Je m’abstins, craignant de rencontrer une totale incompréhension de leur part, de susciter une inquiétude paralysante ou pire, leur laisser entendre que la folie faisait partie de mes fréquentations. Aussi, je me contentais d’un laconique : « Alors, qu’avez-vous décidé ? »

Tout en prononçant ces mots, je priais le créateur qu’il nous souffle un point d'ancrage pour nous sortir de cet abîme, car pour ma part, j'avais conscience d’y être devenu aveugle.

Ils devisaient, je priais.
Texte de Marcapuce

[Dragon Age] Intersession 6/7 (1)

Arcill, installé près du feu de camp, parcourut le groupe du regard. Les flammes faisaient un jeu d’ombres et de lumières sur le visage de ses compagnons, anormalement silencieux. Les derniers évènements avaient de quoi laisser songeur :  le nouveau bann Trumhall, celui-là même qui les avait engagés, était à l’origine des exactions commises par les brigands.

 A observer le regard fiévreux du mage Rylan, les yeux plissés et rusés du nain Roshek et le visage indéchiffrable de l’elfe Falos, il était clair que tous pensaient à la même chose « comment gérer cette nouvelle situation ? ».

L’alvar remit dans son étui sa vieille amie, objet de toutes ses attentions,  sa hache de guerre qui lui avait permis de survivre jusqu’à prédragon age,sent ... ce qui n’était pas si mal quand il repensait aux évènements passés.

Arcill dit alors ceci :

Chez les Alvars, une situation pareille peut être traitée de 2 manières :
Une mise en accusation officielle devant le clan, soumise au jugement du conseil des anciens. Si le personnage est important dans le clan, les chances d’aboutir deviennent limitées, surtout si les preuves sont minces. Si l’accusateur n’arrive pas à convaincre le clan du bien-fondé de ses accusations, il est banni. Si les preuves sont conséquentes et que la personne accusée dispose d’un grand pouvoir et d’une grande influence, il arrive aussi que ces preuves disparaissent …ou que l’accusateur ait un accident.

L’autre manière ne peut être mise en œuvre que si l’accusé est un guerrier Alvar, quel que soit son rang. L’accusateur lance un défi devant témoins. L’affront est ensuite lavé dans le sang. Le sort des armes et les dieux décident qui mérite de vivre. Le survivant a non seulement prouvé son bon droit mais récupère aussi les biens du vaincu à moins qu’un membre de la famille du mort ne le défie à son tour. Cette méthode me conviendrait parfaitement mais je ne pense pas qu’elle convienne dans votre monde « civilisé ».

Alors, 2 options me viennent à l’esprit :
Ignorer purement et simplement ce qui s’est passé car il s’agit de notre employeur.
Informer Krole de ce que nous avons découvert et obtenir de lui un nouveau contrat afin de punir Trumhall.

Par contre, prévenir les autorités, qui d’abord ?, me semble assez dangereux car l’on ne sait pas qui d’autre est impliqué.

Arcill, étonné d’avoir parlé aussi longtemps…et de ne pas avoir été interrompu,  écouta avec attention les arguments de ses compagnons.

Texte d'ALM