lundi 21 mars 2011

[Dragon Age] Session 8 (18/03/2011)

Le mois de Cloudreach semblait interminable et pluvieux. C'est a ce moment que le mage Rylan accompagné de l'elfe Eshara revinrent au village. L'abondance des précipitations eurent pour effet de retarder les semailles et même de gâter les graines. La situation allait devenir difficile pour les habitants de Malgranne, d'autant plus que Lompois n'avait pas pris de disposition pour économiser les céréales récoltées avant l'hiver. Malld suggéra de se rendre au village de Sothmere à 2 jours de marche dans le sud pour voir si lors du Festival des Percées qui durent 3 jours, il ne serait pas possible d'acheter des graines d'un type de seigle qui pousse bien dans cette vallée pluvieuse et venteuse.

Les 4 aventuriers sont donc parti pour Sothmere accompagné  de Kirk et de 2 adolescents et d'un chariot. Le voyage pour le village de Sothmere fut sans problème. Sur place il semblait compliqué de trouver de quoi loger car le village n'a pas d'auberge et il faut négocier avec les habitants. Or tout est déjà pris. Les villageois participent activement au festival, mangeant du pain de seigle avec de la bière, participant à des concours de lancer de haches (remporté facilement par Arcill). Le bourgmestre et shérif Milo Kovic semble amical et même Falos se sent à l'aise. Rylan fut surpris de ne pas trouver d'église de la Chantrie. Roshek en profita pour prendre contact avec Storm Karsgad, le marchant nain local.

Le banquet du soir fut moins joyeux. Alors que Milo portait un toast au Ser Vilem Rochta, un barbare Chasind à la peau jaunâtre et aux veines gonflées déchira la tente et attaqua le shérif qui fut sauvé par sa fille, cette dernière fut blessée et devint immédiatement fiévreuse comme le découvrit le mage Rylan.

 
Le reste de la soirée fut un cauchemar. Tandis que d'autre Chasinds rentraient dans la tente, et affrontaient les personnages, les villageois affrontaient difficilement ces enragés issus des Terres Sauvages des Korcari. Le groupe se dispersa dans le village pour combattre ces chasseurs du sud fou-furieux et exultant une terrible odeur qui gênait les combattants et qui s'efforçaient de mordre les gens provoquant une infection terriblement rapide.


Au final, les Chasinds furent anéantis mais pris de nombreux drames : une petite fille fut décapitée, un des adolescents fut tué et l'autre fut blessé et infecté, idem pour Eshara et Olek le clown son cousin alors que Dielza sa jolie cousine fut épargnée. Wanda la fille du shérif fut aussi infectée comme de nombreux villageois.

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Arcill, épuisé et en sang, contemplait le carnage. Son féroce engagement et les 5 cadavres Chasinds autour de lui avaient permis de faire basculer la victoire dans le camp des villageois. Mais à quel prix ?

L'alvar espérait juste que le mage Rylan était resté caché dans la tente et que Roshek et Falos avaient survécu en se protégeant l’un l’autre.

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Après avoir vaincu les enragés, tous prirent conscience de la gravité de la situation. Berrg, un fermier avait attaqué les villageois. Il avait été visiblement infecté et était devenu un enragé  comme les Chasinds. C'est certainement le sort qui était réservé à tous ceux qui avait été infecté. Ser Vilem et Bogdan étaient pour tuer et bruler tous les blessés à l'opposé de Milo Kovic et une vieille femme nommée Stoyanka. Après un duel homérique mené par Roshek, le camp de shérif l'emporta. Il fut décidé de regrouper les infectés dans une grange mis à disposition par un fermier nommé Anzhay. La vieille femme indiqua qu'elle pouvait préparer un breuvage qui retarderait les effets de l'infection mais pour 3 jours seulement. Elle indiqua aussi qu'il était possible de soigner tout le monde grâce à champignon nommé Mousse d'Ombre.

Les personnages se portèrent volontaires pour aller cherche le remède. A part Rylan, ils étaient tous infectés. Eshara décida de rester pour veiller sur ses cousins. Kirk devait accompagner les 4 héros pour ramener les chevaux au village. Le lendemain matin, le vieille Stoyanka pratiqua un étrange rite et invoqua un corbeau qui devrait servir de guide au groupe. Elle leur donna un sac avec des scarabées vivants pour le nourrir, un sac avec de la poudre pour invoquer les Esprits du Feu qui devront mener les aventuriers là où se trouve la Mousse d'Ombre et enfin un sac pour récolter les champignons. Elle donna aussi à chaque infecté 3 potions pour retarder les effets de la maladie (une potion par jour et par malade). Pour finir elle fournit 3 boyaux fermés contenant un baume de guérison (2D6 + CON). Les personnages devaient suivre le corbeau vers le sud jusqu'à l'endroit où il indiquerait le lieu où il faut tenir un campement, jeter la poudre dans une marmite d'eau bouillante et attendre la venue des Esprits du Feu. Les villageois avaient préparé de quoi se nourrir, une lanterne avec une Pierre Luisante et une marmite. Le shérif remit une carte grossière au groupe.


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Mémoires de Rylan

Le groupe s'apprêtait à partir, mais le corbeau refusa de quitter mon épaule. après avoir gobé un premier scarabée. j'hésitais. Sans doute le volatil le ressentait. Arcill ! Le courageux guerrier, la raison de mon trouble. Je me souvins alors dans la précipitation de la veille, devant une nuit blanche consacrée à la chirurgie, harassé, je n'étais pas parvenu à soigner correctement mon ami. Je ressentais de sa part, au moment ou nous décidions de nous rendre vers des dangers inconnus, qu'il se contraignait à poursuivre sa mission sans demander secours, bien que la raison le lui autorisait. La vielle femme se rentrait. Sa vieillesse lui pesait sur son pas de marche. Il me fut donc aisé de la rappeler.
- Pardonnez-moi madame, il me faudrait donner des soins maintenant à l'un des mes compagnons. Il s'agit du guerrier. Mais j'avoue que devant la nature de ses blessures, je ne puis le soigner suffisamment rapidement pour offrir une garantie de succès supplémentaire à notre expédition. Pourriez-vous m'apporter aide ou conseil dans l'usage du baume que vous nous avez apporté ?

La vieille femme sourit étrangement face au mage du Cercle. Elle pris le bras du grand guerrier et l'attira avec une poigne de fer, à l'écart. De sa voix rocailleuse, elle ordonna à Arcill de fermer les yeux. Une douce chaleur envahit le guerrier qui soudain se sentait mieux (Arcill récupère 10 points de santé).

Je remerciais la sorcière. C'est ainsi que je la qualifiais. Mais n'y voyez aucune  injure, ni mépris. Ma reconnaissance fut sincère, bien plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Elle représentait la preuve vivante de mes interprétations des divines paroles transcrites dans le "Chant du Créateur" : la mauvaise magie n'existe pas;  le Mal ne réside pas dans la magie, mais dans le mage. Stoyanka me confortait en se plaçant sur le registre opposé, celui du Bien. La sorcière usait des sortilèges maudits pour l'Ordre que je représentais, mais dans un usage qui œuvrait incontestablement pour le bien de l'humanité. Qui pouvait prétendre le contraire devant cette femme qui risquait sa vie en affichant ses pouvoirs devant un mage du Cercle, son seul espoir pour sauver les malheureuses victimes de l'assaut sauvage des chasinds ensorcelés, un acte de bravoure, de détermination, de confiance envers notre intelligence.

Je remerciais donc la sorcière, d'un simple sourire en réponse au sien.  Le sourire respectueux de l'élève envers son maitre. 

Ainsi je comprenais l'absence de la Chantrie à Sothmere. Il en valait mieux ainsi, même si je regrettais que les représentants du Créateur refusent la différence et laissent ainsi tout un village sans protection divine. Un croassement impatient du corbeau me ramena à la réalité de notre mission. Rassuré, il s'envola lentement afin que nous puissions suivre la direction qu'il prenait. Nous chevauchions plein sud.

 

dimanche 20 mars 2011

[Dragon Age] Sothmere

samedi 19 mars 2011

[Dragon Age] Intersession 7/8 (3)

Au cinquième jour, il ne restait que quatre villageois en phase de soin. Encore deux jours, et la grange retrouvait son usage initial. Je m’accordais un instant de repos, à fixer Laïa remplacer les pansements de nos derniers malades. Une part de mon esprit restait fixer sur cette jeune femme, comme hypnotisée par un charme magique, pendant qu’une autre se perdait dans les méandres de ma mémoire à la recherche un souvenir disparu, celui d’avoir déjà vécu ces cinq jours.

- Monsieur.

Etait-ce un rêve ou la réalité ? Elle est si gentille, si douce ? Où se trouvait l’autre grange ?

- Monsieur.
- Heu pardon.
Un garçon se tenait en face de moi.
- Monsieur, la sœur veut vous causer chez Trewin.
- Quand cela ?
- Tout de suite.
Ce retour à la vie me rappela qu’il me restait une chose importante à réaliser, chose qui nécessitait le concours de la sœur.
- Bien, j’arrive.

L’entretien eut lieu dans le bureau du commerçant. Sœur Piacinth, Tréwin et Liwis étaient présents. Une agréable collation nous attendait. Un puissant feu de cheminée apportait une certaine sérénité à la pièce joliment arrangée. Nous nous installâmes autour de la table de réception, Trewin à l’une des extrémités, Liwis à sa droite, moi à sa gauche, la sœur en face afin de bien marquer ses distances. Après quelques échanges de banalités sur les actions en cours, sœur Pliacinth lança ses premiers éclairs.

- Pourriez-vous m’indiquer vos conclusions sur le carnet accusateur écrit semble-t’il par un dénommé Waldric, un chef brigand plus connu sous le triste sobriquet de « main sanglante », dont nous eûmes lecture récemment dans cette même salle.

Elle venait de frapper fort, les visages désemparés de mes deux voisins sans voix le confirmaient. Je regrettais sincèrement l’absence de Roshec. Lui aurait su retourner la situation. Devant cet embarrassant silence, la sœur s’expliqua sous le même ton acerbe.

- Sans doute ai-je omis un détail qui devrait délier certaines langues : vous deviez agir et me tenir informé des suites que vous donneriez à cette lecture commune. Or, je ne fus ni consultée, ni informée.

Le pauvre Tréwin s’enlisait dans un profond embarras qui lui scella les lèvres. Liwis qui ne possédait guère plus d’information que la sœur me jetait un regard interrogatif. Je pris donc l’initiative. Mais j’étais en peine. Je ne savais comment aborder le sujet sans trahir Trewin et obtenir la collaboration de soeur Piacinth sur mes propres interrogations. Je cherchais un catalyseur, une ancre sur laquelle je puisse verrouiller une explication plausible. Rien. Alors, je gagnais du temps.

- Merci ma sœur de votre estime à mon égard, néanmoins je suis contraint de restreindre votre engouement. Non que je rejette le titre de Maître mais je ne puis y prétendre, n’étant qu’un simple Initié. Je comprends votre déception de ne pas être informé de la suite des révélations dont mes compagnons et moi-même sommes à l’origine. J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir répondu en priorité aux exigences de Sir Trumhall concernant la création d’un centre de soin.

Je laissais la sœur répondre à mon attaque en règle. Quelques secondes de gagner pour trouver cette foutue ancre.

- Jeune Initié, je vous rappelle simplement que je partage la même préoccupation que vous, à savoir de servir au mieux les intérêts de nos concitoyens. Il ne vous est pas échappé que j’ai pris en charge la cérémonie funèbre de nos braves bûcherons, et que par la suite, je vous ai apporté mon aide pour les soins les plus urgents. Je profite de ce moment pour vous féliciter. Vous avez réalisé un excellent travail Rylan durant ces cinq jours où de nombreuses âmes furent sauvées. Que le Créateur en soit remercié. Aussi, ne vous gâchez pas en implorant quelque minable argument pour vous abstraire de vos obligations.

Une belle mise au point pour votre serviteur. Je devais calmer le jeu, avant que cet entretien finisse en conflit armé. Je me retournais vers mes voisins qui évitèrent mon regard. Je ne pus éviter de me soumettre.

- Sœur Piacinth de la Chanterie, vous avez entièrement raison. Moi, un jeune Initié du Cercle, je vous dois la vérité. Je vous présente mes excuses pour avoir transgressé à mes obligations.

A peine avais-je prononcé cette courte introduction, que je vis Trewin devenir pâle d’inquiétude et de rage. Il me fallait sortir au plus vite de ce cauchemar où mes alliés se métamorphosaient en menaçants ennemis. Cette menace m’injecta une dose d’adrénaline d’où émergea la solution à mon problème : « je n’explique pas ce qu’un mage du Cercle fout avec cette bande de bras cassés ».

- En réalité, vous possédez tous trois une partie de la vérité. N’avais-je pas émis l’hypothèse que ce carnet fort compromettant pour Trumhall fut rédigé sous l’investigation d’un esprit malin. Quoi de plus aisé que de faire écrire la pire des calomnies par un brigand de la réputation de Waldric Main Sanglante. Pour quelques pièces d’or, ce type d’individu tuerait père et mère !

J’observais mes auditeurs. Trewin se décontractait, mais je le sentais toujours sur ses gardes. L’aubergiste et la sœur écoutaient avec grande attention. Je poursuivais donc cette mélodie où vérité et mensonge se côtoyaient en harmonie.

- Mais quel est cet esprit malin ? Pourquoi sévir dans la vallée de Ruswold ? Et que faisais-je moi un Initié du Cercle, en compagnie d’une bande d’aventuriers des plus hétéroclites, dans cette même vallée ?

Et voilà, je leur servais sur un plateau ma bande de bras cassés. A entendre leur silence respectif et devant leur regard interrogateur, je reprenais confiance en moi, mon ton s’affirmait.

- Depuis deux ans, les informateurs du Cercle remontent un nombre croissant d’exactions d’Apostats, exactions de plus en plus puissantes, de plus en plus meurtrières, de plus en plus maléfiques. Mes maîtres s’en inquiétèrent. La hantise de l’existence d’une Maison concurrente au Cercle vouée au concept du « Renouveau » les incita à agir. Le scénario tend craint par nous les mages du Cercle donnait des signes de vie. Les apostats aux actions habituellement désordonnées agissaient de concert. Leur magie dépassait notre entendement. Nos savants ont entrepris des recherches livresques pour aboutir à la conclusion que les apostats dominaient des sorts disparus, connus d’anciennes civilisations dont certains chamans auraient hérité. Que le Créateur me pardonne d’exposer à des non-initiés ces propos interdits.

J’accompagnais cette dernière assertion d’une prière. La sœur dans sa grande compassion m’accompagna. Les deux autres éberlués firent quelques simagrées pour se donner bonne figure.

- Vous comprenez donc la raison de ma présence dans votre vallée ?
- Les légendes de Bréciliane ? répondit la sœur.
- Et le peuple des dalates.
- Si vous vous appuyez sur toutes les légendes de Ferelden, je crains que votre quête soit sans fin, se moqua t’elle.

Elle commençait à m’agacer avec ses remarques déplacées. Mais je gardais mon calme. Tout autre comportement aurait ruiné mon plan.

- Mes maîtres abordent le même raisonnement. Aussi, ils réagissent face à des évènements concrets. Pour votre vallée, la venue de sir Trumhall concomitante à l’attaque des brigands fut cet événement.
- Cela signifie-t’il que vos maîtres soupçonnèrent notre Bann d’être à l’origine de ces méfaits, et donc que les horreurs du carnet disent vraies ? De telles pensées sont inconvenantes et misérables. Comme oser se permettre de bafouer un tel homme ?

Je faillis lui cracher à la face : « ton petit trou du cul de Bann n’est autre qu’un minable incapable de lutter contre le charme du premier Apostat venu. Et je te rappelle, poufiasse, que parmi mes maîtres, figure un de tes grands pontes de ton ramassis de fanatiques in que compose la Chanterie à laquelle le Cercle à mon grand regret dépend ». Je fus sauvé par l’image d’Arcill qui en ressentant mon incontrôlable colère aurait posé amicalement la main sur mon épaule pour m’apaiser. Je ralentissais le rythme de ma respiration saccadée, et me concentrais sur le talent diplomatique de Roshec pour m’y fondre au mieux.

- Ma sœur, aucun soupçon dans les pensées de mes maîtres. Simplement un ensemble de troublantes circonstances qui justifièrent à leurs yeux érudits de me dépêcher sur les lieux pour vérifier que les légendes évoquées précédemment ne cachaient pas une parcelle de vérité.
- Quel rapport avec notre affaire dans ce cas ?

Quelle mégère ! Si je n’avais pas besoin d’elle, alors …

- J’y viens ma sœur. Je pris donc la route de la vallée de Ruswold. En route, je croisais une étonnante bande d’aventuriers : un nain, un alvar, deux elfes. Ce fut l’elfe dalate qui m’interpella. Eshara. Peut-être la connaissez-vous ? Peut-être l’avez-vous rencontrée récemment, elle a quitté le groupe sans aucune explication le jour de notre arrivée dans la vallée ? Car voyez-vous, je souhaiterai la rencontrer pour l’interroger sur quelques points qui me manquent pour confirmer mes hypothèses.

Je fis silence espérant une réaction. Aucune ne vint. Craignaient-ils les dalates ? Pourquoi ? Quoiqu’il en soit, je fus déçu. Je poursuivis mon histoire.

- Je les suivais, d’autant que comme vous l’entendez, nous prenions la même direction. Je compris à Lothering qu’ils partaient rejoindre le Bann Trumhall en quête de missionnaires. Je profitais d’une fausse rencontre inopportune dans une auberge pour m’associer à leur groupe. La compagnie d’un mage est souvent recherchée et bien monnayée par des aventuriers, sauf pour Roshec qui ne se gêna pas pour m’escroquer.

- Ca m’étonne pas ! intervint Trewin.
- Pardonnez-moi, poursuivez Rylan, je vous prie.
- C’est donc en compagnie de quatre aventuriers que je rencontrais pour la première fois sir Trumhall. C’est ce jour-là que j’eus la conviction de la conspiration d’un apostat.
- Commente cela ? demanda la sœur.
- Trois aventuriers nous suivirent. Il s’agissait de ceux qui sont restés auprès du Bann durant notre mission, ceux qui devaient nous remplacer si nous échouions. J’avais parfaitement identifié un apostat parmi les trois compères. Bien entendu je m’attendais à une tentative d’assassinat contre ma personne. Il n’en pouvait être autrement. Je représentais un réel danger pour cet imposteur. C’est ainsi qu’une embuscade nous attendait sur le chemin qui nous menait aux camps des brigands. Le Créateur m’a donné un don précieux : celui de la lecture onirique. Mes rêves m’avaient susurré quand et où aurait lieu le piège tendu contre nous. Le piège se referma donc sur ceux qui l’avaient posé.

- Que ces brigands rejoignent le monde des ténèbres s’emballa Liwis.
- Je comprends votre douleur Liwis, intervint la sœur. Mais rassurez-vous. Avec les hommes du Bann, nous avons retrouvé ces corps et ceux de leurs compagnons du camp de Waldric. Sachez que pour chaque souffrance qu’ils nous ont infligée, j’ai veillé personnellement que leurs âmes en subissent cent fois plus.

Mon histoire prenait forme dans les esprits de chacun.

- La suite, vous la connaissez. Roshec vous l’a conté maintes fois, avec beaucoup d’emphase, je vous l’accorde. A la vue du carnet, j’avais compris la finalité. Le Bann condamné, les habitants de Logerswold n’avaient plus d’autre issue que celle d’abandonner leur village pour tenter une nouvelle vie ailleurs. Un village libre proche de Bricéliane et de ses secrets. Un campement idéal au pied d’une source de puissantes et mystérieuses magies aux services le leur démoniaque ambition, pour nourrir le « Renouveau », pour condamner Férelden. Voyant son plan échoué, l’apostat imagina une parade. Il s’empara de l’esprit de Mabari du Bann, avec lequel il essaya une nouvelle fois de m’assassiner avant que je révèle toute l’affaire à mes maîtres du Cercle.
- Le mabari ; comme est-ce possible ? interrogea la sœur.
- Avec cela.

Je jetais le collier du molosse sur la table, à portée de la religieuse. Au moment où celle-ci tendit sa main pour s’en emparer, j’hurlais :

- Ne le touchez pas !

Surprise, elle eut un geste de recul.

- Comment cela, il ne s’agit que du collier du mabari de sir Trumhall.
- Une parfaite imitation, vous voulez dire. Regarder, sans le toucher, les étranges petits symboles qui y sont gravés comme ceux d’un artefact.

Les trois personnage s’approchèrent avec prudence pour constater mes dires. Je fus rassuré que ma comédie ait fonctionné.

- Bien Mage Rylan. Que comptez-vous faire maintenant s’inquiétât la sœur.
- Rédiger mon rapport et le remettre à mes maîtres. Mais, il me reste des informations à collecter ; il me manque des preuves pour prouver l’absence d’implication de Sir Trumhall. Pour cela il faudrait que je démontre que le collier corresponde réellement à un artefact de magie interdite, démontrant ainsi la perversion d’apostat.
-Très bien Rylan, allons chez moi, me proposa sœur Piacinth.

Je reprenais le collier, et suivis la sœur en laissant Trewin et Liwis paralysés de stupeur.

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La sœur fit le voyage jusqu'à l'Église en silence avec le mage sur ces talons. D'un geste brusque elle avait fait signe à Rylan de prendre le collier. Pliacinth amena le mage dans sa cellule au fond et à droite de l'église. Elle indiqua au mage de poser le collier sur une table après l'avoir recouvert d'un drap de velours. Le collier fabriqué à partir de disques de cuivre ayant verdi avec l'age semblait venu d'un autre age. Un pictogramme en forme de dent de chien était gravé sur chaque disque mais le plus étrange était le crochet sur la face intérieur du disque qui devait écorcher le coup du chien lorsqu'il le portait. Le mage sentait la magie à chaque fois qu'il touchait l'objet en revanche la manière utiliser son mana pour provoquer un quelconque effet échappait au mage. Pliacinth servit un verre de vin aigrelet au mage qui n'osa pas le refuser. Tandis que Rylan buvait à petites gorgées le vin, la sœur s'était rendu dans l'autre aile qui servait de bibliothèque. Le mage l'avait aperçu en passant et elle semblait bien maigre. Pliacinth revint avec un ensemble de manuscrits quelle posa à côté du collier. Elle indiqua à Rylan ce qu'il devait lire. Il s'agissait d'un texte écrit par un marchand venu d'un lointain pays au nord et qui faisait état de sa rencontre avec un énorme molosse alors qu'il s'était égaré dans la forêt de Brécilianne. Il avait fui et s'était assommé en tombant dans un ravin L'homme devait divaguer car il parlait d'un vieil ermite qui l'avait soigné et qui portait un étrange collier de cuivre. Pliacinth indiqua au mage, que cette histoire était connue dans la région même si son contenu variait parfois. Le mage était déçu car visiblement la sœur n'était pas en mesure de l'aider à comprendre les principes de ce collier. En revanche, le texte du marchand faisait état de sa rencontre lors de ces voyages avec des humains capables de parler aux esprits ou maitrisant un savoir ancestral, en général ils vivent retirés du monde ou au milieu de tribus de barbares.

- Cette chose est maléfique, vous en conviendrez Rylan. Détruisez-la et ne parlons jamais plus de cette histoire. La sœur se leva, elle semblait exaltée. Le bann est un homme pieux, il saura soutenir la Chantrie dans cette vallée trop proche des sources impures. Rien ne doit le détourner de sa mission.

Rylan se leva à son tour. Il hésitait. Plusieurs options s'offraient à lui.

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Le mage regardait la soeur qui avait adopté une pose contemplative adressant une prière muette au Créateur. Il ramassa le collier promptement, salua la jeune femme et commença à se diriger vers la sortie. Après quelques pas il se retourna et demanda à Pliacienth où elle pensait que le mage pouvait trouver des informations sur le collier ou les propos du marchand. Dans un souffle, elle indiqua la petite bibliothèque de la Chantrie à la Porte du Sud.

Le mage regagna la alehouse où il séjournait. Malgré lui ses camarades lui manquaient. Son village aussi. Malgré lui. Après 2 jours à interroger les villageois sur les agissements du mabari et des étrangers venus ces derniers temps, Rylan se dit qu'il avait fait le maximum. Peu de villageois connaissaient les dalates et tous étaient d'accord qu'ils valaient mieux les éviter à part quelques individus ou quelques clans plus enclins au commerce ou au divertissement. Lorsque Trewin indiqua qu'un convoi de chariots allaient vers l'ouest pour y vendre du bois dans les bannorns, le mage y vit un signe du destin et décida de profiter de l'occasion et voyager avec les 4 hommes du villages au moins jusqu'à Porte du Sud. Le voyage fut monotone avec des bucherons taciturnes même s'ils tenaient le mage pour une sorte de héros.

Rylan décida de passer le temps qu'il faudrait à Porte du Sud. L'église était grande et bien fournie en livres mais peu de choses sur ce qui intéressait le mage. Après plusieurs jours, le mage trouva la trace un livre obscur parlant à demi-mot d'une magie ancienne liée à des pratiques issues de l'époque où les tribus n'adoraient pas le créateur. Ces anciens utilisaient toutes sortes de fétiches pour se transformer ou pour créer potions et onguents. Les mages du Cercle réfutaient la réalité de ces pratiques. A voir. En tout cas Rylan était sur de 2 choses : seuls d'obscures tribus humaines vivant dans des endroits reculés pouvaient encore pratiquer cette magie et qu'il manquait au mage une "clef" pour imprégner le collier de son mana.

Le hasard est dans les mains du Créateur. Alors qu'il sortait de la Chantrie et qu'il se rendait à son auberge, il vit une jeune femme souple comme une liane rosser un type qui avait lui avait visiblement manquer de respect.
- Eshara cria le mage.
Le type en profita pour s'échapper alors que l'elfe surprise s'était retourné. Elle laissa l'homme partir en riant.
- Salut mon petit gars.

L'elfe expliqua qu'elle n'avait trouver aucune trace de son clan et qu'elle avait décidé de revenir vers Porte du Sud pour aller interroger un camp de dalates vivant dans la forêt plus au sud. Mais ces derniers n'avait pas de nouvelles. Eshara commençait à se demander si quelque chose de grave n'était pas arrivé à sa famille, mais l'insouciance de l'elfe avait repris le dessus. Elle demanda des nouvelles du groupe et fut sincèrement épatée lorsque le mage lui raconta leur aventures. Rylan vit même une forme de respect dans les yeux de l'elfe.

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Eshara sourit pour une fois sans malice. Elle remercie le mage et le jeune homme n'y perçu aucun sarcasme. Eshara ne savait plus où chercher aussi elle avait un autre plan. Retrouver un groupe de pitres itinérant qui en cette saison avait du commencer à prendre la route. Ces amuseurs étaient des dalates de son clan qui avait choisit une autre voie que le nomadisme des elfes. Encore que, à parcourir les routes. Elle proposa au mage de faire route ensemble au moins jusqu'à Lothering, là quelque saurait peut-être quelque chose.

Rylan eu un doute lorsque la jeune elfe se mit à jouer avec le collier, en imaginant pouvoir le mettre autour du coup du mage. Le regard sévère de Rylan la dissuada.
- Non mon petit ce n'est pas elfique et nous autres dalates n'avont pas de chamans. Elle secoua la tête d'un air dépité
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- Ouais, je vois ce que tu veux dire. Moi je sais que les tribus de barbares puants qui vivent au sud dans les Terres Sauvages de Korkari ont des lanceurs de sorts plutôt rustiques, un truc comme des chamans.
Le mage restait pensif. Les étendues sauvages s'étalaient dans tout le sud du royaume et leur réputation était pour le moins mauvaise.

A Lothering, le mage put s'offrir une belle auberge. Eshara bu plus que de raison et se laissa aller à quelques confidences incompréhensibles pour l'humain. Elle esquissa le drame qu'elle avait vécu avec les hommes loups, torturée et violée. Puis elle secoua de manière inattendue Rylan. Elle lui expliqua que les humains étaient compliqués et stupide. Il avait ressenti du désir pour une femelle de son espèce et c'était normal. Il devrait aussi se soulager plus souvent sinon il deviendrait fou ou aigri. Un geste explicite lui fit comprendre ce que suggérait la jeune elfe. Le mage rougit et se hâta de changer de conversation. Plutard seul dans sa chambre, il se demanda si au final l'approche la plus simple n'était pas la plus normale. A étudier.

Eshara ne semblait trop savoir où aller et c'est la tête lourde des libations de la veille qu'elle prit la route de l'ouest en direction de Malgranne. Visiblement la jeune elfe avait décidé de suivre Rylan. Quand on sait pas par où commencé il faut se fier aux signes

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Sur la route qui mène à Malgranne, Eshara s'amusa à ridiculiser le mage en le menant chasser. Mais elle fut surpris par sa discrétion, et une habilité non feinte. Après quelques séances, le mage devint un compagnon de chasse qui possédait une certaine efficacité dans ses déplacements à travers les obstacles naturelles : un bon rabatteur de gibier.

Durant ce voyage, par échange de confidences une profonde amitié se forma entre ce couple hétéroclite. Certes, l'elfe restait elfe, l'homme restait homme, mais des évènements semblables, tristes et douloureux avaient traversées leur vie disjointe créant un lien de compréhension et de compassion.

De cette union amicale, Rylan ressentit que l'apparence désinvolture d'Eshara, n'était autre qu'une protection psychologique qui dressait un rempart face un sentiment d'un grand désarroi. Percé cette muraille ne fut pas immédiat. mais depuis que ce qu'elle masquait se révélait à son esprit, il connut une facilité à percevoir les sentiments d'autrui. C'est ainsi qu'il déjoua la ruse d'un faux mendiant qui tenta de les voler alors qu'il les implorait de leur céder quelques miettes de nourriture.

lundi 14 mars 2011

[Dragon Age] Intersession 7/8 (2)

Autobiographie de Rylan


Les deux hommes me précédaient de quelques pas. Ils tenaient une discrète conversation dont je perçus quelques mots émanant de Trewin : « nain, escroc, Roshek, arriviste, opportuniste, meneur, manipulateur, menteur, fabulateur, voleur » et bien d’autres vocables proches de la vérité. J’accélérais mes pas le plus innocemment du monde enfin de prêter une oreille discrète à cet échange pour en obtenir une meilleure perception.
- … ce sauvage qui a failli vous tuer. Seul le mage au caractère épouvantable mérite malgré tout le respect : le pot aux roses nous lui devons. Néanmoins, sauf à dire qu’il est dérangé, je n’explique pas ce qu’un mage du Cercle fout avec cette bande de bras cassés.
Je compris que nous n’avions pas laissé à ce brave commerçant, une véritable image de héros. J’imaginais que les manœuvres vénales de Roshek y contribuaient fortement.
- Trewin, détendez-vous, Je comprends que ces dernières épreuves vous ont naturellement bouleversé. Mais ne nous égarons pas. Certes, nos aventuriers montrent parfois une attitude désinvolte forte intéressée, mais n’oublions pas que nous leur devons le dénouement de cette impitoyable machination. Le plus réprimandable dans ces circonstances, est votre Bann dont vous avez donné votre confiance à laquelle il n’a pas su répondre. Si une personne doit être bannie, Trewin, c’est moi ! Et non l’Alvar qui a su porter l’arme contre moi au moment opportun pour m’interdire de commettre le pire, ni le nain qui, quoi qu’on en dise, a conduit son équipée vers la victoire, ni l’elfe dont j’ai pu mesurer la combativité il y a moins d’une heure, et encore moins le mage.
Trewin accéléra le pas. Mal à l’aise, il se pressait de rejoindre Logerswold où il restait tant à faire. Le Bann conscient du désarroi dans lequel Trewin sombrait, partagea ses convictions .
- Nous avons à reconstruire la vallée, redonner de l’espoir aux infortunés sinistrés. Pour cela, il me faut obtenir leur confiance, et la vôtre Trewin. Aussi, au regard de ces derniers funestes évènements, je vais solliciter une nouvelle élection.
- Mais … tenta de l’interrompre le commerçant désappointé.
- Je n’ai pas terminé Trewin !
L’intéressé bougonna, signe d’asservissement.
- Je solliciterai dans les quelques jours à venir, une nouvelle élection pour m’assurer de la confiance de mes concitoyens. S’ils me soutiennent à nouveau, je jure devant le Créateur que nous redonnerons une nouvelle vie à la vallée de Ruswold. Je dis nous, Trewin, car, je vous nommerai à mes cotés comme conseiller économique.
Je ne regrettais plus d’avoir écouté l’avis d’Arcill d’épargner Sir Trumhall. L’homme s’avérait un vrai meneur, un bon gestionnaire et un fin politique. Sans conteste, il sera réélu. Remettre son titre en jeu devant des circonstances aussi difficiles, ne pouvait que séduire la population. Se mettre Trewin à ses cotés, sans doute l’homme le plus populaire de Logerswold, lui apporterait une garantie supplémentaire. Quel opposant se présentera contre sir Trumhall ? sir Valdur Krole ? Certainement pas, cet imbécile rétrograde s’était montré incapable de saisir l’opportunité que je lui avais présentée.

Lorsque nous arrivâmes au village, Sir Trumhall tint parole. Il prit la direction de la taverne du Signe de l'Arbre Étendu, en ressortit avec une petite table ronde qu’il posa au milieu de la rue principale. Après avoir vérifier sa stabilité, il se dressa dessus. Ses soudains et surprenants préparatifs avaient propulsé une rumeur à travers tout le village. Les nombreux curieux s’agglutinèrent tour autour de l’estrade improvisée. Ainsi, le Ban ne dû attendre guère longtemps avant de haranguer la foule.
- Citoyens de Logerswold, voilà un an que je suis parmi vous. Voilà un an que vous connaissez un grand malheur. Je vous avais promis d’arrêter le fléau conduit par cette horde d’horribles brigands qui a dévasté notre vallée. Nous y sommes, mais au terme d’une année. Je dois même concéder que sans la miraculeuse intervention de nos quatre héros, à ce jour le fléau poursuivrait sa route. Une étape vient d’être franchie. Elle vous a coûté un lourd tribut. Une nouvelle aventure s’ouvre devant nous : celle de la reconstruction. Autorisez-moi à prendre les premières mesures.
Il se tourna vers sœur Pliacinth qui n’avait pas hésité à bousculer les uns et les autres pour être au premier rang.
- Ma sœur, je vous charge d’organiser l’inhumation des bûcherons atrocement assassinés dans leur campement. Faites une cérémonie digne de leur courage et abnégations. Qu’une plaque soit dressée à leur mémoire.
La sœur s’inclina pour exprimer son entendement. Le Bann posa alors une main sur la tête perturbée de Trewin qui se trouvait juste à ses cotés au bord de la table.
- Monsieur Trewin, nous vous devons une infinie reconnaissance. Qui aurait comme vous, instantanément, sans la moindre réserve, utilisé sa demeure pour établir un centre d’accueil pour les plus désœuvrés ?  Qui ?
Cette dernière question, il l‘adressa à la foule qui répondit sous par une sincère acclamation à arracher quelques larmes au principal intéressé.
-  Vous aurez encore à donner de votre personne Trewin. Je sais compter sur votre engagement. Faites le recensement des dégâts matériels et pertes humaines, bilan qui nous servira de base pour élaborer ensemble le plan de reconstruction.
Puis, ce fut à mon tour d’avoir droit à une instruction.
- Mage Rylan, vous vous êtes proposé à apporter des soins. Un tâche lourde vous attend. Nous, les citoyens de Logerswold, nous vous en sommes hautement reconnaissant. Choisissez un bâtiment libre, le mauvais sort fait que nous en possédons en trop grand nombre. Prenez quelques braves avec vous si nécessaires, et aménagez une salle pour effectuer votre médecine dans les meilleures conditions.
Le Bann prit un air solennel et laissa planer un silence annonciateur d’un grand événement.
- Citoyens de Logerswold, lorsque nous aurons réalisé ces premières urgences, je vous exposerai les actions et les efforts que j’estimerai indispensables à notre communauté pour qu’elle retrouve la prospérité dont les derniers évènements vous ont privée. Mais pour conduire cette entreprise, je dois avoir votre confiance. Or, je saurai entendre que je ne la mérite pas. Un an pour en arrivée là, dressé sur une table, à vous proposer une reconstruction d’une destruction que, malgré tous mes efforts, mes sacrifices, ma volonté, je ne suis pas parvenu à éviter, à vous éviter. Aussi, je vais organiser un vote qui aura lieu ici même dans quelques jours, le temps que je puisse vous présenter mes intentions. De ce vote, vous choisirez si vous souhaitez poursuivre sous mon autorité, ou sous celle de tout autre qui se présentera. Je vous le dois, je me le dois.
Un brouillard de silence enveloppa la foule atterrée. Seule la soeur parvint à échapper à la torpeur générale. Brisant le protocole, pleine d’énergie, elle monta sur la table au coté de sir Trumhall. De la puissance de sa voix, elle chassa l’ombre de stupeur qui recouvrait le village.
- Pourquoi attendre ? Ce vote, faisons le maintenant. Que ceux qui gardent confiance en Sir Trumhall, lève le bras.
Elle s’empressa de donner l’exemple d’un geste démonstratif qui ne laissait aucun doute sur ce que chacun devait faire. Sir Trumhall fut cerné en un instant d’une forêt de bras dressés vers les cieux.
- Devant la volonté des habitants de Logerswold ici présents, exprimée sous un vote à main levée, moi sœur Pliacinth de la Chantrie, je puis confirmer que Sir Trumhall conserve son titre de Bann de la vallée de Ruswold.
Une vague d’applaudissements accompagna cette brève déclaration. Une seule ombre au tableau passa inaperçue. Trewin avait certes suivi le mouvement, mais timidement, sans grand enthousiasme. Cette histoire l’avait passablement marqué.

A ma grande surprise, je ne rencontrais aucune difficulté à répondre aux instructions du Bann. Je choisis une grange abandonnée en bon état. Avec l’aide de deux fermiers, j’aménageais sans aucune hésitation ce bâtiment en centre de soin avec des lits de paille pour les patients, une salle d’opération protégée de rideaux, une autre où ranger le matériel médical sous la surveillance d’une jeune veuve à la silhouette agréable entachée toutefois par une démarche boiteuse. Défaut de naissance. Elle portait une robe simple et de bon goût aux dominantes vertes et jaunes : « vert et jaune, la forêt et le soleil : la vie. Quelles autres couleurs pour ce lieu ? Je ne nomme Laïa. Vous avez sauvé mon père le jour de votre arrivée. Alors je viens vous en remercier. Je suis couturière. Je pourrais vous préparer des bandages. Peut-être recoudre des plaies si vous me montrez ». Je lui montrais. J’appréciais sa proximité, le contact furtif de nos mains. Un étrange sentiment m’envahit, déroutant, inexplicable, sorte d’extase comme le procurait la consommation de lyrium. A ce propos, Sœur Pliacinth contribua au succès de ma mission malgré son refus catégorique d’user de lyrium pour fabriquer des potions médicinales. Je remplaçais celles-ci par quelques bouteilles d’alcool, potion sensiblement moins efficace, que Liwis eut l’obligeance de me céder de sa réserve de liqueur frelatée et totalement inconsommable. La sœur avait mandaté un homme d’age mûr, Whinere, couvreur de profession, afin qu’il fabrique les attelles dont j’aurais besoin. Je fus surpris de son initiative, mais j’en compris rapidement la pertinence. L’homme était un véritable artiste, avec un coté étrange. Le troisième jour, Whinere se rendit à la Grange aux Soins, ainsi je l’avais baptisée, apporter un appareillage complexe destiné à un patient aux multiples fractures dont je venais de pratiquer une épuisante et difficile intervention. Laïa et moi-même lui appliquions des bandages nécessaires avant la pose de l’attelle. Comme nous en avions pris l’accoutumance, nos corps furent très proches, sans doute plus que nécessaire. Les bandages terminés, je livrais à Whinere des consignes de précaution devant l’état de grande faiblesse du blessé avant de le laisser placer son œuvre. A peine avais-je fais quelque pas, que j’entendis notre prothésiste amateur rire aux éclats. Cela me contraria, aussi je me retournais pour le morigéner. Mais, quelle fut ma surprise lorsque je vis Laïa avec ses fines joues, habituellement nappées d’une blancheur mélancolique, devenues écarlates, traiter son interlocuteur d’imbécile. J’ignorais qu’il soit possible de rire ou de vilipender en pratiquant des soins dont la vie d’un homme dépendait. Parfois, la nature humaine m’échappait.

Texte de Marcapuce

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Le nain, l'elfe et l'alvar arrivèrent vite à la conclusion que le mage humain souhaitait rester encore quelque temps à Logerswold pour y accomplir sa mission médicale. Les trois aventuriers se mirent d'accord sur le fait qu'il était temps pour eux de rentrer à Malgranne et de s'assurer que le village avait entamé sa phase de reconstruction. Arcill indiqua en la présence du mage que la route vers l'ouest semblait sure mais lorsque Rylan prendrait la route pour retourner à son village natal, il serait bon qu'il ne voyagea pas seul. Le mage eut un regard hautain aussi le jeune homme n'insista pas.

Dans les jours qui suivirent, les trois comparses prirent la route de l'ouest, la mule chargée de bien divers et variés. Les chevaux récupérés auprès des bandits leur rendaient la route plus facile ou plus difficile selon l'aisance de chacun à cheval. Après un court séjour à South Gate, le groupe arriva sans encombre  au village de Lothering. Le soir, Roshek rechercha le nain qui avait essayé de leur vendre la carte menant à une propriété plus loin au sud, mais il semblait que le nain malade avait disparu suite à une nouvelle altercation avec un mercenaire.

A la fin du mois de Drakonis, les trois compagnons arrivèrent sans encombre à Malgranne. Le village n'avait pas beaucoup changé depuis leur départ, un peu moins d'un mois plutôt. La reconstruction des maisons détruites par les flammes avançaient lentement mais quelques nouveaux arrivants permettaient de repeupler quelque peu le village.


Roshek s'enquit auprès de Malld son gérant de l'état des finances. Elles s'avéraient plutôt bonnes compte-tenu des circonstances. Il avait augmenter les prix juste ce qu'il faut pour gagner de la marge mais sans réduire à néant les espoirs et les finances des villageois. Le jeune Kirk servait de coursier et l'adolescent avait muri. Il fit grise mine lorsque les 3 aventuriers revinrent sans Eshara. Lompois, le bourgmestre avait aussi repris de l'assurance et fit un accueil très froid à Roshek et ses compagnons. Soeur Eoni montra de l'inquiétude devant l'absence du mage, mais elle fut rassuré lorsque Arcill expliqua qu'il avait décidé de rester quelque temps dans l'est pour soigner malade et souffrant.

Les semaines passèrent. Le mois de Cloudreach semblait interminable et pluvieux. L'abondance des précipitations eurent pour effet de retarder les semailles et même de gâter les graines. La situation allait devenir difficile pour les habitants de Malgranne, d'autant plus que Lompois n'avait pas pris de disposition pour économiser les céréales récoltées avant l'hiver.

Arcill commençait à trouver le temps long et l'inaction le pesait. Il vivait dans dans la maison du mage et passait son temps à aider à la reconstruction. Falos profitait de la moindre occasion pour quitter Malgranne et accompagner le jeu Kirk dans la campagne aux alentours pour chasser ou pêcher. Le jeune  homme ne voyait plus l'elfe comme un rival mais comme un compagnon de malheur suite au départ de la belle elfe. Roshek avait fini par remettre de l'ordre dans les affaires de ses parents et se demandait comment il allait utiliser tout l'argent gagné dans l'est. 

jeudi 3 mars 2011

[Dragon Age] Intersession 7/8 (1)

A voir son air fier et hautain, je ressentais une grande satisfaction émaner du nain. Pendant qu’il harnachait sa mule avec l’aide de Falos des diverses provisions chapardées dans le campement en prévision de leur longue route, je me remémorais les derniers évènements. La magie non conforme utilisée par l'apostat, dont je ressentais encore la douleur de la morsure, m'intriguais. Sans doute que je pêchais en m'intéressant à de la magie interdite par le Cercle. Mais elle m'attirait par sa puissance et par sa dualité de pouvoir : métamorphose et hypnose subconsciente. Oui je pêchais. Non, le Cercle se méprenait. Il condamnait de tel pouvoir sous prétexte qu'il s'inspirait d'un esprit démoniaque. Foutaise ! Ce n'est pas le pouvoir qui est condamnable, mais l'usage que l'on en fait. Le Créateur ne l'exprime t'il pas autrement lorsqu'il exige des mages de servir l'humanité ? Je devais en apprendre davantage sur ce mystérieux collier.
- Rosheck, je vois que tu te prépares à reprendre la route. Sans doute souhaites-tu retourner à Malgranne pour mesurer la reconstitution de notre village natal. Pour ma part, je resterai ici quelques jours. Je n'ai pas fini mon devoir. Il reste des villageois blessés auxquels je dois quelques soins, ne serait-ce pour me faire pardonner de Tréwin pour l'avoir quelque peu brutalisé.
Je me tournais vers le dynamique et courageux commerçant qui d'un signe de tête me fit comprendre que je serai le bienvenu.
- Quant au partage de nos biens, je vous cède ma part. Je dis bien vous Rosheck, c'est à dire vous trois. Je suis suffisamment récompensé par notre action d'avoir mis fin aux agissements démoniaques d'un apostat. Puis, je dois pas me plaindre chaussé de si belles bottes. Pardon, j'ajoute le collier du sorcier à la liste de mes possessions si personne n'y fait objection. Le reste, il est à vous, à vous trois.
Je regardais tour à tour mes trois compagnons avec un air mélancolique. Je constatais que je m'attachais stupidement à eux.
- Merci mes amis de m'avoir introduit au voyage. Rosheck, notre meneur, je vois en toi un riche commerçant d'une grande influence au sein de Férelden, une influence royale, sinon plus. Prends garde toutefois à la mortelle jalousie que ton ascendant sur les grands de ce monde suscitera. Falos, il te faudra trouver la force de voler de tes propres ailes pour donner à ton peuple le rang qu'il se doit. Arcill, en poursuivant la voie chargée de noblesse que tu as emprunté ces dernières heures, tu deviendras le plus grand des Alvars, un grand, un très grand roi.
Je fis une pause, le temps qu'ils assimilent le message d'avenir venu de mes rêves, que je livrais à chacun d'eux.
- Mon parcours d'Apprenti Voyageur m'oblige à quelques mois de solitude pour une introspection méditative. Pardonnez-moi de vous abandonner ainsi. Mais je serai revenir. Rendez-vous dans trois mois à Malgranne. J'aurai tant plaisir à vous retrouver pour un nouveau voyage. A bientôt.
Je me retournais sans les regarder, un peu honteux de lâcher, même temporairement, ceux à qui je devais tant. Puis j'accompagnais Trewin et le Ban à Logerswold, curieux d'entendre les explications qu'ils fourniraient aux malheureux villageois.

Texte de Marcapuce
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Arcill Ar Ninne O Frosthold se redressa de toute sa haute taille. Il respira l'agréable odeur du feu de camp et exposa son visage détendu au timide rayon de soleil qui filtrait entre les nuages. Arcill se sentait pleinement vivant et content du travail accompli. Il étira sa musculature puissante en parcourant du regard le campement du Bann. Il vit ses compagnons semblables à eux-mêmes : Rylan était perdu dans ses pensées, la mine tourmentée. Roshek s'activait dans le camp visiblement très satisfait de lui-même comme à son habitude pendant que Falos s'occupait de la mule, toujours aussi silencieux et effacé.

Quel groupe ! Pourtant l'alvar devait le reconnaître, il commençait à apprécier ses compagnons. Rylan et ses sautes d'humeur, souvent incompréhensible mais aux intuitions géniales. Roshek le rusé, agaçant et imbu de lui-même, mais doué d'une réelle faconde et d'autres surprenantes compétences. Arcill sourit en repensant au nain relatant les exploits héroïques du groupe auprès des villageois. Si les Dieux lui prêtaient vie, il apprécierait sûrement d'avoir un barde du talent de Roshek pour raconter ses exploits passés...Falos enfin, silencieux mais toujours présent et efficace quand on avait besoin de lui.

En repensant aux derniers évènements, Arcill s'étonnait encore de la clairvoyance de son ami mage. Il s'était aussi surpris lui-même par sa capacité à retenir sa hâche lorsque le Bann avait semblé reprendre ses esprits. Et dire qu'il y a un peu moins de 2 ans, il avait tué en duel le gros Farenkis pour une injure somme toute assez anodine. Quel chemin parcouru...
Arcill avait été aussi choqué par la réaction apeurée de la mercenaire alvar qui s'était réfugiée derrière lui et il avait eu honte pour l'image que donnait cette femme de son peuple. Il est vrai que les visages glaçants et meurtriers de Roshek et Falos étaient assez terrifiants. Les alvars n'étaient assurement pas les seuls à se laisser emporter par la soif du sang...

La journée avait bien commencé.

Texte d'ALM

mardi 1 mars 2011

[Dragon Age] Session 7 (25/02/2011)

J'ai bien vécu aussi je veux mourir l'esprit serein et libéré. Un secret m'obsède depuis des années. Notre Bann, fut un comploteur et un meurtrier, certes à l'insu de lui-même car un chien maléfique vivait auprès de lui. Quand je dis un chien, je devrais dire un apostat qui avait pris la forme d'un mabari. Je sais que c'est confus mais mon grand age fait que j'ai des absences.

Des aventuriers venus de l'ouest furent engagés par le Bann pour tuer les bandits qui ravageaient la région sous les ordres du Bann. D'aucun pense qu'il voulait s'en débarrasser maintenant qu'ils n'étaient plus utiles. Leur utilité ? ils avaient permis à Trumhall de supplanter l'ancien Bann, Valdur Krole. Ce dernier eut à un moment la possibilité de retrouver son rang (enfin si on l'avait réélu) mais les choses ne se sont pas passées comme tout le monde l'attendait.  Les aventuriers ont été efficaces, ils ont tués les bandits et mis la main sur les preuves qui accusaient le Bann Trumhall. Après un affrontement avec le Bann, le mage-chien et des mercenaires, la mort du mabari mis fin au combat. Le barbare des montagnes, un des aventuriers, a permis d'apaiser tout le monde, notamment un mage du Cercle qui semblait exalté face au "démon" comme il l'appelait. Je ne parlerait pas d'un marchand nain capable de vendre des binocles à un aveugle et de son serviteur elfe qui firent des ravages à l'extérieur. Seule une jeune femme mercenaire arriva à s'en sortir. Elle resta un temps avec le Bann puis elle disparue.

Je dus alors prendre une décision qui me couta mes nuits. Les gens de la vallée avait déjà assez souffert et apprendre que leur Bann, héros de la vallée était en fait un homme manipulé et à l'origine des malheurs de tous même indirectement aurait été trop cruel. Je décidai de cacher les évènements au peuple de la vallée. Ce secret fut un poids à porter durant toute ma vie, toute ma vie.
Trewin, quelques jours avant sa mort à l'âge canonique de 62 ans.

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Roshek était très satisfait de lui !


Pendant qu’il harnachait sa mule avec l’aide Falos (qui semblait avoir pris cette dernière en affection) des diverses provisions chapardées dans le campement en prévision de leur longue route, il se remémorait les derniers évènements. Son père aurait été très fier de lui à la façon qu’il avait eu de mener son groupe jusqu’à la victoire finale. Avec quelle maestria et une maitrise totale de ses talents d’orateurs, il avait su attiré la sympathie et la confiance de la population !
Il soupira: lui seul avait un tel talent... Rylan était trop lunatique et ombrageux, Arcill était une montagne de muscles, gentil du reste, mais tellement naïf comme tous ces non civilisés, et Falos... Falos était un elfe tout simplement. Roshek avait même réussi à exploiter au mieux la valeur pécuniaire du butin ramassé... Bon, certes il aurait bien récupéré un peu plus s’il avait eu le temps de rendre “contre récompense” leurs biens aux villageois, mais il en avait gardé assez pour des futures transactions au cours de leur voyage, et la “générosité” dont il avait fait preuve lui serait sans doute de quelque utilité s’il devait revenir dans le coin faire quelques affaires...
Et puis, quelle brillante idée de vouloir vendre (cher) le carnet au Bann.. Quel flair il avait eu... Son plan avait finalement été adopté, souriait sous cape le nain, et il avait même réussi à rallier à cette idée ses compagnons... Bien manœuvré en vérité ! Ce n’était pas gagné d’avance, héhé...
Cette aventure avait réussi à rendre le groupe encore plus solidaire, ce dont se félicitait Roshek... Que voilà une bonne équipe! Je suis décidément un bon meneur d’hommes, se répétait le nain... Il avait réussi à ménager les susceptibilités de chacun, tout en conservant son but initial: Se remplir les poches !
Certes, il était un peu dommage  d’avoir à redistribuer à chacun sa part... Roshek soupira: le mage va dilapider sa fortune en dons divers, le barbare va tout dépenser en boisson et équipement, Falos... enfin Falos était un elfe... Mais bon, ils l’avaient tous mérité et Roshek était fier de ses hommes !
Désormais il savait compter sur les capacités guerrières d’Arcill et de Falos, et avait compris qu’il ne fallait pas sous estimer les inspirations (quelque fois nébuleuses) de Rylan. Ce dernier prenait de l’assurance ce qui était bien, mais il faudrait sans cesse le canaliser pour éviter les impairs que son manque de diplomatie pouvait engendrer. Le barbare restait facile à manipuler, mais le nain l’aimait bien, et il comptait bien l’aider à asseoir son rang parmi les grands... Ce serait toujours utile à l’avenir. Quand à Falos, son serviteur Falos... Son ami certes... Mais un elfe!

Texte de Michel 

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Extrait tiré “des aventures d’un elfe parmi les humains”, récit se voulant autobiographique d’un elfe dénommé Falos, mais dont l’authenticité n’a pas été prouvée à ce jour:

“ Comme à son accoutumé, le Maître avait été grandiose, sa harangue ayant réussi à enthousiasmer le plus blasé des villageois de Logerswold. La foule était en liesse et criait nos louanges et mon Maître, notre Chef, le nain Roshek, était sans cesse sollicité pour raconter une nouvelle fois les exploits que sa faconde rendait si agréable à entendre. J’admirais sans réserve l’humilité de mon Maître, mon ami, qui tâchait toujours de mettre en avant ses compagnons, le mage Rylan et l’alvar Arcill, en sous-estimant grandement ses fabuleuses prouesses, dont la moindre était d’avoir tué net d’un carreau d’arbalète le chef des brigands surnommé “Main Sanglante”, un géant de 7 pieds doté d’une armure de plates et d’un hachoir gigantesque. Sa mort avait mis fin au carnage que nous avions fait parmi leurs rangs, et avec la clémence qui le caractérise tant, mon Maître avait fait grâce à 2 malandrins que nous avions ramené. Son amitié pour moi était si forte qu’il ne cessait même de répéter aux villageois enfin délivrés des terreurs et de la disette à quel point mon aide avait été précieuse quand je rechargeais son arbalète ou que je protégeais ses arrières quand il était au plus fort des combats, sans aucune autre arme que ses poings d’airain, selon ses habitudes.
Une délicieuse jeune humaine (selon mes critères elfiques) s’en était même émue et s’était offerte à moi... Le Maître m’avait, d’un sourire plein d’émotion et de complicité, fait comprendre que j’avais le droit de consommer la donzelle, mais conscient de mon rang, j’avais préféré rester avec la mule de mon ami, mon protecteur, pendant la nuit..........
.......... Le mage Rylan était persuadé que la bête griffue aux dents acérées qui accompagnait le Bann était en fait un démon. Aussi notre Chef, le nain Roshek, décida d’attaquer le campement à 1 contre 10 pour purger le mal de la vallée. Mon devoir était de l’accompagner, ce que je fis, tandis que le mage et le barbare nous emboitèrent le pas. Devant la tente du noble, notre maître, n’écoutant que son courage indomptable, proposa d’affronter la garnison entière pendant que le mage et l’alvar n’auraient qu’à expulser l’abjecte créature dans les limbes. Il me laissa le choix de garder les chevaux pour protéger ma vie, mais je décida de lier mon sort au sien, lui dont l’amitié sincère était pour moi un réconfort de tous les instants. L’affrontement fut un prodige de prouesses martiales et nous laissâmes sur le carreau la quasi totalité des soldats et mercenaires ennemis sans récolter plus que quelques égratignures. Pendant ce temps, pouvant tranquillement utiliser sa science, le mage Rylan dispersait l’Innommable ! Nous avions vaincu encore une fois !....”